Transpolis

Transpolis, laboratoire de mobilité urbaine, a été créée en 2011 par 7 actionnaires : Renault Trucks, Colas, Aixam, Vibratec, Eve System, Adetel et l’IFSTTAR. Sa mission consiste à accompagner ses clients à innover dans les domaines de la mobilité urbaine et des systèmes de transports intelligents, afin d’anticiper les besoins futurs. Historiquement, le projet de Transpolis a été incubé par le pôle de compétitivité Lyon Urban Truck & Bus (aujourd’hui devenu CARA).

En 2018, Transpolis a investi 18 millions d’euros dans un outil d’innovation unique en Europe, à destination des constructeurs : une ville de 80 hectares à l’échelle 1 entièrement dédiée à la mobilité urbaine et aux systèmes de transport innovants. Ce lieu a pour ambition de permettre aux acteurs internationaux d’innover avec une approche systémique aux interfaces de leurs différentes activités (véhicules, énergie, réseaux et télécoms, équipements de la route, infrastructure, Internet des Objets, mobilier urbain…).

La ville « fantôme » de Transpolis est implantée à une vingtaine de minutes de l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry, sur un ancien terrain militaire composé de 40 dépôts de munitions, 20 rues et 30 intersections. L’ensemble est équipé de nombreux capteurs (50 000 à terme), de 300 kilomètres de fibre optique enterrée, de mobilier urbain communicant (feux tricolores, passages cloutés, panneaux de signalisation, abribus, lampadaires…), de points de connectivité, de prises électriques tous les 50 mètres, mais aussi de caméras vidéo pour surveiller les déplacements des prototypes roulants.

« C’est un peu du cinéma, explique Stéphane Barbier, directeur du développement de Transpolis. On écrit un scénario, on joue la scène, on récupère les données et on les traite. » Il s’agit d’observer les communications d’un véhicule intelligent avec son environnement et son comportement devant un piéton ou une voiture qui n’a pas respecté la priorité. Tout ce qui peut perturber les radars est encouragé : « On a gardé la végétation sauvage qui avait envahi la friche militaire, et ouvert des axes est-ouest », poursuit-il. Bolloré (pour son Blue Bus), Navya, Iveco et Nissan ont déjà utilisé ce terrain d’essai. Les clients de cette ville factice sont aussi des acteurs des domaines des infrastructures et des travaux publics (Bouygues, Eiffage, Vinci), des producteurs de capteurs comme Hikob, des opérateurs de télécom (Bouygues Telecom) ou encore des fabricants de bornes de recharge.