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Le projet RéAnimal : une première amenée à se développer ?

Dans le cadre d’un projet « Recherche & innovation » soutenu par la Fondation Hospices Civils de Lyon, l’hôpital Edouard Herriot va mener une étude, RéAnimal. Elle devra déterminer la pertinence d’une thérapie assistée par animal. RéAnimal concernera les patients qui auront fait face à des soins critiques – soins intensifs, réanimation. Leur pronostic vital étant engagé et leur santé prise en charge de manière urgente, 30 à 70% de ces patients développent, selon des études scientifiques, un stress post-traumatique lors de leur retour à la vie normale. Porteuse du projet, le Docteur Amélie Mazaud vise à répondre à trois objectifs :

  1. actualiser les résultats effectifs d’une thérapie assistée par animal dans des symptômes patients post-traumatiques,
  2. prouver qu’en présence de protocoles adaptés, la prophylaxie et la sécurité sont garanties lorsqu’un animal est introduit dans un hôpital,
  3. élargir l’implémentation de ce type de thérapie et élargir ainsi le nombre de patients bénéficiant de ses bienfaits attendus.

Le dispositif déployé par le Docteur Mazaud repose sur un plan d’action en cinq points. En premier lieu, le projet déborde le champ médical stricto sensu et se traduira par des séances avec des membres de l’école vétérinaire VetAgro Sup, de Marcy-l’Etoile. Il s’agira de développer le programme sur le fond comme sur la forme (sélection des chiens, contenu des séances…). Le deuxième point vise à sélectionner les patients éligibles à l’expérience, soit 56 patients sur deux ans. En troisième lieu, des tests bactériologiques seront effectués en amont et en aval de la thérapie, afin de rechercher des bactéries multi-résistantes. Un quatrième élément du plan d’action repose sur une analyse de l’évolution des questionnaires psychométriques des patients et de divers paramètres : il s’agira de fournir un rendu précis de l’état émotionnel des participants avant et tout de suite après une séance de thérapie assistée avec les animaux. Enfin, le cinquième point cherchera à dépister le syndrome post-traumatique et à fournir un questionnaire de retour sur l’expérience à horizon de trois mois.

La zoothérapie : une approche connue mais qui reste rare

Le projet RéAnimal n’est pas le premier en France à se prononcer sur les bienfaits que pourrait représenter l’introduction d’animaux auprès de patients en soins intensifs et réanimation. Il est néanmoins le premier à proposer d’introduire cette pratique de manière durable sous la forme d’une thérapie assistée. Dans le XIVe arrondissement de Paris, l’hôpital Cochin a récemment permis d’introduire des chiens en salle de réanimation en soutien aux patients fragiles : l’hôpital a précisé que des études scientifiques en avaient montré les bienfaits pour les patients. À Toulouse, l’hôpital Joseph Ducuing a introduit la médiation animale dans son Unité de Soins Palliatifs. Le projet RéAnimal s’inscrit pour sa part dans la continuité d’un programme analogue de l’université américaine Johns-Hopkins. Ses cliniciens ont noté que la canithérapie soulage la douleur physique et psychologique des patients et les aident à se rétablir. Dans la revue Critical Care, rapporte le site Vetitude, les cliniciens américains « préconisent de diminuer l’administration de médicaments et de miser davantage sur les interventions non pharmaceutiques, comme la thérapie assistée par les animaux, la musicothérapie, la relaxation, etc. »

Depuis de nombreuses années, les réflexions portant sur l’utilisation d’animaux dans le domaine de la santé se sont diffusées. L’intervention éthologique a en pratique fait ses preuves à plus d’un titre. Outre les personnes âgées au sein des EHPAD, l’autisme en est l’un des exemples les plus connus. Les études ont mis en lumière les avantages apportés par certains animaux à des fins thérapeutiques pour prendre en charge ce handicap. Les chats et les chiens, animaux domestiques, aident par exemple au développement des enfants autistes. Mais au-delà, la discipline de l’équithérapie s’est aussi développée depuis longtemps et repose sur un travail avec les chevaux. Il en va de même avec la delphinothérapie, ou thérapie assistée avec les dauphins. Cette thérapie alternative appuie les enfants autistes dans leurs capacités communicationnelles, psychomotrices ou encore cognitives. D’ici deux ans, le projet RéAnimal rendra ses résultats et permettra de savoir si son approche est elle aussi appropriée.