Les biotechs en pleine expansion en région lyonnaise !

L’expression « biotech » est issue de la contraction des mots anglais « biology » et « technology ». L’expression désigne des start-up ou jeunes entreprises innovantes dans des secteurs variés tels que l’agroalimentaire, l’agriculture, l’environnement, l’énergie et la santé. Elles sont à l’origine de vaccins, mais aussi de procédés innovants et offrent ainsi des biens et des services nouveaux.

Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais depuis quelques années et avec les progrès en sciences de la vie, les biotechs sont devenues le meilleur atout pour le progrès et repoussent continuellement les limites de la médecine.

Lyon est un territoire privilégié pour les biotechs, de par son écosystème des sciences du vivant, qui la place comme ville d’excellence dans ce secteur. Abritant le pôle de compétitivité international Lyonbiopôle, au cœur du biodistrict de Lyon-Gerland, la ville a vu s’épanouir et a attiré nombre des grands noms de l’industrie pharmaceutique ou de la santé (Institut Pasteur, bioMérieux, Singulex, Genzyme, BioAster, et bien d’autres !), où se mêlent maintenant centres de productions et centres de R&D. Avec la recherche académique et les centres hospitaliers de pointe, c’est ce qui fait l’excellence de Lyon, et qui permet à des jeunes start-up innovantes de rechercher, développer, et expérimenter leurs innovations.

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Lyon est notamment spécialisée dans la cancérologie, les biomarqueurs, l’infectiologie et l’immunologie, les neurosciences, et la nutrition et la santé. Depuis la création de Lyonbiopôle en 2005, ce sont 1,06 milliard d’euros qui ont été investis (par des investisseurs publics ou privés) dans des projets. Ainsi, on trouve plus de 150 biotechs dans la région, sur 600 en France, ce qui la place 2ème après l’Ile-de-France en termes d’accueil des biotechs.

Focus sur 4 biotechs lyonnaises à suivre

Mais d’abord : qui sont les porteurs de projets biotechs ? Ce sont des scientifiques issus de la recherche publique ainsi que des entrepreneurs chevronnés. En ce moment, les biotechs, beaucoup portées sur le développement des approches thérapeutiques, sont en convergence avec les digitaltechs, qui elles, travaillent sur les algorithmes. Cela amène les biotechs à développer des techniques de médecine prédictive, qui permettrait d’anticiper les réactions des patients aux traitements et ainsi de personnaliser la médecine suivant chaque patient.

ElsaLys Biotech

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ElsaLys Biotech a fait parler d’elle récemment avec son introduction en bourse le 18 mai dernier. Une opportunité pour la start-up de lever des fonds rapidement, pour la commercialisation de son anticorps Leukotac. Spécialisée dans l’immunothérapie, elle possède déjà un portefeuille de cinq anticorps capables de moduler l’action des cellules immunitaires. Pour faire simple, en cancérologie, cela permettrait d’activer les défenses immunitaires inhibées par les cellules tumorales, ou au contraire de stopper l’emballement du système immunitaire. Les fonds levés (elle espère obtenir entre 15 et 19,8 millions d’euros) permettront d’enregistrer la molécule et d’obtenir l’autorisation de commercialisation en Europe et aux Etats-Unis d’ici 2020 et 2021.

Oncofactory

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C’est la start-up spécialisée en médecine prédictive. Oncofactory se consacre à la recherche de biomarqueurs prédictifs sur la réaction de patients aux traitements anti-cancéreux, en utilisant un procédé innovant : elle utilise des embryons de poulet pour répliquer des cellules tumorales. Ainsi, Oncofactory peut créer une gamme de modèles de cancers impressionnante et modéliser l’hétérogénéité des tumeurs en se basant sur des patients atteints d’un même type de cancer. Il faut seulement 48 heures pour obtenir ces répliques de tumeurs, ce qui accélérerait considérablement le développement de nouvelles molécules de traitement des cellules tumorales. Oncofactory offre ses services aux laboratoires pharmaceutiques et génère ainsi un chiffre d’affaires qui lui permet de ne pas faire appel à des investisseurs extérieurs.

ENYO Pharma

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Le biomimétisme est au cœur de la recherche de cette start-up. Jacky Vonderscher, PDG et fondateur d’ENYO Pharma, raconte au Progrès : « J’ai été contacté par Inserm Transfert Initiative pour évaluer le potentiel des recherches menées par une équipe de virologistes sur la stratégie des virus pour moduler les fonctions cellulaires ». C’est de là qu’est née ENYO Pharma. Comprendre le fonctionnement d’un virus est la clé pour les manipuler. Ainsi, l’entreprise développe maintenant des petites molécules actives capables d’atteindre des protéines humaines intracellulaires pour guérir des maladies infectieuses ou non. Sa molécule EYP001 permettrait d’éradiquer le virus de l’hépatite B chez les patients souffrant de cette maladie chronique, et elle est sur le point de finaliser les essais cliniques, pour ensuite envisager une commercialisation. ENYO Pharma poursuit son travail avec une molécule contre le virus NASH (stéatohépathique non-alcoolique).

Maat Pharma

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La start-up se consacre à la recherche pour développer un traitement contre les maladies graves entraînées par un déséquilibre du microbiote (flore intestinal), lui-même dû à des traitements lourds contre le cancer. Dans le viseur de Maat Pharma, la leucémie aigüe. Les tests cliniques sont en passe d’être finalisés et Maat Pharma espère une commercialisation de son traitement d’ici 2020, et 2024 pour la leucémie aigüe, car son développement est plus lourd. En parallèle, l’entreprise développe aussi une seconde application de son traitement pour contrer le GVHD (réaction du greffon contre l’hôte), maladie qui touche plus de 10 000 patients par an aux Etats-Unis et en Europe.



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