Lyon est connue comme la ville des Soyeux et cette renommée subsiste aujourd’hui.

C’est sur les berges de la Saône que naît l’histoire de la soie à Lyon. A la Renaissance, fin XVème-début XVIème siècle, les foires amènent à Lyon les prémices de ce qui constituera l’industrie soyeuse lyonnaise. François Ier permet à la soierie de prendre son véritable essor dans la capitale des Gaules et en 1540 la ville obtient le monopole d’importation des soies brutes en France.

La diversification des tissus s’étend alors avec la mécanisation des procédés de fabrication. La soie représente au XVIIIème siècle le cœur économique de la ville de Lyon : 28 000 personnes recensées dans l’industrie soyeuse en 1788.

Au début du XIXème siècle, l’épopée napoléonienne dynamise grandement l’activité soyeuse, renforcée par l’invention du métier à tisser Jacquard (1801). Les techniques de teinture issues de l’industrie chimique commencent à se développer vers 1840. Quelques années avant 1870, l’industrie soyeuse compte pour 75% de l’industrie lyonnaise et l’on compte plus de 100 000 métiers à tisser dans la cité.

Mais l’histoire de la soie à Lyon connaît aussi des épisodes noirs avec les révoltes des Canuts. Ce terme de « canut » renvoie aux ouvriers-tisseurs de la Croix-Rousse travaillant pour le compte des tisserands-négociants. 1831 éclatent les premiers heurts concernant les prix fixés pour le tissage de la soie et les conditions de travail harassantes. Les Canuts dominent la Croix-Rousse et la Presqu’Ile fin novembre 1831, et le 2 décembre l’armée reprend la ville et réprime la contestation. En février 1834, une seconde révolte éclate et les Canuts font face à plus de 12 000 soldats pendant six jours avant d’être durement et violemment réprimés (300 morts et des centaines de blessés).

De nos jours, les métiers mécaniques ont remplacés les Canuts et de nouvelles techniques de filage apparaissent. C’est vers le tissage textile que de nombreuses soieries se tournent ou dans des niches spécialisées dans la restauration de tissus anciens ou de haute-couture.

Le Musée des Tissus, menacé de disparition, conserve la mémoire et le patrimoine de l’histoire de la Soie à Lyon. L’histoire continue à se perpétuer avec l’ouverture d’une liaison ferroviaire entre la Chine et Lyon sur l’antique route de la soie.